L’immobile évolution

Moment d’hypnose profonde,

un ours ou une statue?

Les techniques d’évolution millénaire

qui nous observent

petits humains incongrus et immobiles comme l’ours

dans la forêt

des coyotes. 

the cave

in the tobacco shack,

the underpants rule the king’s life

and ashes floats in collectible plates

from Tennesse, a beautiful spot in Sweetwater called

Lost Sea,

for all captains and seamen

who wish to go down under

the world

the cave.

Prussa or the death of an alien, the rebirth of a man

PRUSSA

(An english translation will follow at the end of the French text)

Il y avait dans cette apesanteur, une telle humidité lourde que même la sueur défiait cet état dans la pièce, en imbibant tout ce qu’elle touchait.  Ainsi, dans cette canicule, en orbite du soleil, Edgar avait la commande de sa voiture-jet.  Il pensait à Fräulein, laissée sur Jupiter, dans un conflit marital qui lui donnait le goût de revenir à sa jeunesse, lui qui déjà comptait 5000 ans de vie.  Il avait amené son Tor domestique, une espèce d’oiseau à deux têtes et au corps couvert d’écailles suintantes qui savait dire “Bonjour” et “ Je te souhaite une chance terrible!” (les salutations sur Prussa, sa planète).

Fräulein avait la peau rouge et du poil sur tout le corps. Pas de seins mais des mamelons tout le long de son ventre. Ainsi étaient les femmes de sa planète: belles (lire: terrifiantes) de fourrures et foudroyantes.  Il l’avait remarquée dès son entrée au snack bar. Ils s’étaient reconnus, ayant été gamins il y avait plusieurs cycles dans le même quartier de la planète d’origine d’Edgar. Fräulein avait été impressionnée par la tache de naissance d’Edgar, sur l’un de ses  bras droit: une grosse tache de peau sur le velours dru de son enveloppe externe, lisse et incongrue, noire comme un corbeau. Il l’a tenait d’un humain qui s’était immiscé dans sa généalogie, quand son arrière-grand -mère avait été capitaine d’une expédition en vue de découvrir la planète Bleue.

Il a marié Fräulein sur Mars, le dieu de la Guerre qui fertilise tous les combats de succès. Faire l’amour sur leur planète, constitue partir en guerre.  Les Edgar et Fräulein ne sentent pas la douleur et leur épiderme est extrêmement épais, aussi, un couteau bien acéré était la plus grande marque amoureuse qu’un galant puisse offrir à sa belle, marquant d’un trait  le dos de la belle, un peu comme un calendrier de leurs amours hirsutes. Et vice-versa. L’amour était très publique dans ces mœurs: chacun portait les marques de ses rencontres nocturnes. Ainsi, la fidélité était assurée par tous, puisque l’acte devenait si visible après chaque rencontre. Mais hier, sur Jupiter, Edgar s’était senti submergé par une sentiment incongru: le désir d’enlacer Fräulein.

“Tu veux me tuer” s’exclame Fräulein.

“Je veux t’enlacer”

Fräulein se mis a pleurer des larmes qui coulaient de ses doigts charnues et elle mis ses deux mains sur le crane d’Edgar: Edgar pensa qu’il allait se noyer. Elle le suffoquait de son chagrin.

Edgar voulu alors l’enlacer encore plus fort, comme on attire une bouée vers soi-elle pleurait et il se savait aimé. Mais incompris.

“On dit que l’homme confirmait ainsi son amour” osa Edgar

“Et sa mort. Ils ne vécurent que 10,000 ans après tout. Tu veux ma mort, Edgar?”

“Je veux toucher l’épiderme hirsute de ta peau pour me sentir vivre, mais avec mes 10 doigts et surtout, surtout, je veux tes doigts sur cette marque humaine que je possède, noire et éclatante sur mon bras droit”

En fait, Edgar avait voulu sentir son humanité exploser comme un de ses revolvers contres les vermines que sa famille utilisait. Il avait soudain eu le besoin de douceur. Fräulein prit peur:

“Jamais plus on ne pourra être un couple si on ne se marque  pas à chaque rencontre. Tu rend le verdict de notre fin avec toute cette frivole idée d’enlacement: Tu ne comprendras donc jamais que la brutalité des rencontres des nôtres leur assure leur survie?”

“Parce que ca prend l’amour pour laisser une marque?”

“On ne souhaite plus depuis longtemps faire la guerre depuis la pratique violente et exutoire  de nos amours!”.

Edgar se jeta aux pieds de sa Fräulein, et enlaça ses jambes. Il l’a voulait elle, a lui, sans plus de conflit. Mais la paix est la guerre car la guerre est l’amour, et l’amour est la paix.  Ainsi philosophe les Prussas de l’espace, tribu de Fräulein et Edgar. Aussi, Fräulein le repoussa de dégout:

« Tu n’est qu’un hérétique avec tes tordues idées d’amour et de compassion exprimées par cet hideux  spectacle. Où est la violence, la brutalité, celle qui prouve le lien qui nous unit? »

Edgar s’essuya le front. L’incompréhension le faisait transpirer. Son humanité l’avait trahi, rendu plèbe au cœur même de sa propre culture.  Il avait mordu un morceau du velours chevelu de la peau de sa femme, et emporté son trésor dans sa bouche comme il s’enfuyait d’elle, et de Jupiter. Il l’avait laissée sur cette planète, lieu de leurs vacances  estivales. Une petite vacance, s’était il dit à leur arrivée. Un départ bien à point, se disait-il maintenant.

Son humanité l’avait rendu étranger en son propre pays, cet élan d’un doux bonheur jamais éprouvé, cette tendresse, l’avait perdu.

Le vaisseau, en orbite autour du soleil, dieu des Prussas,  l’amenait maintenant vers la Planète Bleue. Cet élan lui semblait une drogue subitement encaissée pour endormir ce qu’il avait de Prussa, lui qui avait déjà été si fier.

“La où la guerre est un acte amoureux, le calme règne. Les hommes sur Terre qui deviennent saouls de cette émotion, comme d’un vin n’absorbent pas ce fait. La Guerre doit être faite de paix si les Prussas veulent survivre en tant que race. L’amour sans brutalité, par contre, n’est pas une solution viable, si on veut que le tout balancedit Fräulein

Elle avait signé son exil à lui. : il quittait à jamais la Planète Prussa.  Son caractère prussa était mort en lui, et l’humanité dans son sang  prenait de plus en plus de place.

“On ne sera jamais en conflit assez pour ton plaisir Fräulein, et trop pour mon envie” dit-il en accélérant vers la Planète Bleue, déserte à présent de toute race humaine vivante.

Le bleu a toujours été la couleur des eaux et du calme. Sûrement, il trouverait sur cette Planète matière à être seul et paisible. Lui, bizarrement humain qu’il devenait.

« Je te souhaite une chance terrible » siffla le Tor.

Le soleil s’éteignit et la nuit prit son envol, dans lequel la voiture-jet se perdit en culbutes et planage astral vers la Planète. Les feux de la voiture-jet disparurent, fumant comme les cigares du président de Prussa, à mesure que Edgar fuyait ce qu’il avait été. Enfin humain dans le cosmos. 

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Scary_Movie_Aliens.jpg (source image)

Translation July 2014

PRUSSA

 There was in this weightlessness, such a heavy humidity that even sweat defied the state of the room, soaking all that it touched.  In this way, right smack in a heat wave, orbiting around the sun, Edgar was at the elm of his car-jet.  He was thinking about Fraulein, left on Jupiter, for a marital conflict turned nasty. He wished he could go back to his youth, him who counted already 5000 years of life. He had brought along with him his Domestic Tor, a type of two-headed bird  with a body covered in oozing scales, that knew how to say ‘Hello’  and ‘I wish you the worst of it’ (salutations on Prussa, his planet).

Fraulein had a dark red skin and hair all over her body. No breasts but rather nipples all along her stomach.  Thus were the women of his planet: handsome (read: terrifying) with furs and striking. He had noticed her right away as she came in the snack bar. They had recognized each other, having been snutty children together many many cycles ago, in a neighborhood on Edgar’s planet. When they met, Fraulein had been impressed by the birth mold of Edgar on one of his right arms: a huge spot of skin on the coarse velvet of hair of his external skin, smooth and  incongruous, black as a crow. He had gotten if from a human who infiltrated herself in the genealogy of his family when his great-great-grand mother had been the captain of an expedition on the Blue Planet.

He married Fraulein on Mars, the War god who seeds all combats with success. To make love on their planet was like going to war. Edgars and Frauleins don’t feel pain and their epidermis is exceedingly thick. Thus, a sharply sharpened knife blade on furry skin was the noblest amorous gesture a gallant could ever offer to his lady, marking with a trace the back of his lovely, somewhat like a calendar of their hairy love makings.  And vice-versa.  Love was very much a public affair in these customs: each one of the Prussa wore the mark of their nocturnal rendez-vous and meetings.  In this way, faithfulness was assured by all since each act became a picture of intimate complicity on their own bodies. However, yesterday, on Jupiter, Edgar became overwhelmed by an incongruous feeling: the desire to hug Fraulein.

‘ You want to kill me’ exclaims Fraulein

‘I want to hug you’

Fraulein started to sob, tears dropping on her chubby fingers onto the skull of Edgar: he thought he was going to drown. She suffocated him with her sadness.

Edgar then wanted to hug her closer some more, like one captures and brings a buoy toward himself- she was crying and he knew he was loved. But misunderstood.

‘It is said that man confirmed his love that way’ dared Edgar

‘And his death! They lived nearly 10,000 years only after all of that. You want me to die, Edgar?’

‘I want to touch the hairy epidermis of your skin to feel myself be alive but with my 10 fingers and especially, especially, I want your fingers on this human mark that I own, black and bursting with depth of feelings on my right arm’

In fact, Edgar had meant to feel the explosion of his humanity like one hears the revolvers to kill pests used by his family. He suddenly had felt the need to and for something soft.  Fraulein got scared.

‘Never can we be a couple if we don’t mark each other after each rendez-vous. You give the verdict of our end together with all this frivolous idea of yours for tender hugging: will you never understand that the brutality of the meeting of our people is what insures their survival?’

‘Because only love gets printed on our minds, on our body, marked on us, branded?’

‘We haven’t wished for war for a very long time since the instigation of our violent and catalytic practice for love making!’

Edgar threw himself at Fraulein’s feet and wrapped his arms around her legs.  He wanted her to himself, without further conflict. But peace is war since war is love, and love is peace. Thus philosophize the Prussas of space, tribe of Fraulein and Edgar. Fraulein pushed Edgar away with disgust.

‘You’re just a heretic with your twisted ideas of love and compassion expressed in this hideous display. Where is the violence, the brutality, the one that proves the relation that unites us?’

Hi humanity had made a stranger of him in his own country. This source of gentle happiness never before experienced, this tenderness, had lost him.

Edgar wiped his forehead. Misunderstanding made him sweat. His humanity had been a treason to himself, becoming pariah at the heart of his very own culture. He had bitten off a piece of hairy velvet from the skin of his wife and brought this treasure in his mouth as he was escaping her and Jupiter.  He had left her on that planet, their summertime holiday spot. A short holiday, he had thought upon his arrival on Jupiter. A well-timed departure, was he now thinking to himself.

The vessel, orbiting around the sun, Prussas’ god, was now bringing him towards the Blue Planet.  This energy seemed to him like a swallowed drug that suddenly made him sleepy in all that he was from Prussa, him who had once been so proud.

‘There where war is an act of love, calm reigns. Men of earth had become drunk on this emotion, like on a wine and  did no not understand this fact.  War must be made of peace if Prussas want to survive as a race. Love without brutality however is not a viable option, if we want balance’ says Fraulein.

She had signed his exile: he was now leaving for good the Prussa Planet.  His Prussa traits were dying in him and humanity in his blood was taken more and more breathing space.

‘We will never fight enough for your pleasure Fraulein, and too much for my desire’ he said, accelerating towards the Blue Planet, now deserted of any living human race specimens.

Blue has always been the colour of waters ad calm, Surely, he would find on the Blue Planet enough to be alone and serene. Him, who was bizarrely becoming human.

‘I wish you the worst of it’ whistled his Tor

The sun blew out like a candle as night took its flight. In it, the car-jet lost itself in acrobatic gymnastic of astral flying towards the Planet. The fires of the car-jet disappeared, smoking like the cigars of the President of Prussa, as Edgar was escaping all that he had once been. Finally human in the cosmos.

 

 

Love from my husband

Rain drowsing us all

drops of sharp edged water that crack our skulls

and release a rainbow  for

vacuuming the world of brick dust;

‘my shelter of hair and heirs must

not feel the rain’

that is for me to hear upon

my heart.

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Creative writing exercise from my teacher

 
Q (Sarah Selecky):
Write a story that starts with a zebra and ends with an apple.
 
Write for as long as you need. Write by hand, in your notebook, to start.
Reply (Anouk Ferland)
The zebra ate the apple.

Les glycines galvaudent….

Les glycines galvaudent,

chevaux ailés au dessus 

des chaises de patio.

La brise, le soleil

et du café chaud sur le comptoir mélamine

Le jardin de plantes historiques:

dans chaque pétale

un monde à sentir,

chiens que nous sommes.

L’échine du singe frissonne

et sa fourrure en longs cheveux s’hérisse :

la banane à la branche

lui donne du fil à coudre. 

Afternoon in BC

La bière s’échappe de ma bouche

jusque dans une tasse avec un oiseau façon pingouin

(nœud papillon sur l’empereur du nord et tout le pataclan)

dans ta main de géant humble

et la goût de l’orge et du malt sur ta langue.

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Beer escapes from my mouth, saliva fest amd foam,

down into a mug with a bird on it, penguin-style in

(bow tie on the Northern Emperor and all that junk)

your gentle giant’s hand

and  the taste of barley and malt on your tongue.

apples and oranges

There was no sign
of healing on the scarified face,
just crusty brother time
doing his jail sentence
in a world gone ugly. 
Yet he smiled
through the cloudy haze,
pink haze of twilight,
like blood oranges
in the fruit bowl
of the city.